La succession de René Vandierendonck
René Vandierendonck quittera son fauteuil de maire lors du conseil municipal du 22 mars 2012Il a annoncé, lors de son discours des vœux, que son successeur serait Pierre Dubois. Mais le plus important n'est pas là. Son discours a été d'abord un acte de périodisation de l'histoire roubaisienne. De 1983 à 2012, il s'inscrit et inscrit son successeur dans le sillage d'André Diligent. On aura pu observer d'ailleurs que le mot « socialiste » n'a pas été prononcé. Cette périodisation a sa cohérence. D’autres sont possibles.
Ceci confirme que l'enjeu principal n'est pas le nom mais l'orientation.
Aussi, avant de parler des personnes, parlons politique. René Vandierendonck a passé 30 ans au sommet de cette municipalité, d'abord directeur de cabinet puis premier adjoint et maire. 2012 marque la fin d'un cycle urbain, celui de la ville renouvelée en même temps que les roubaisiens se trouveront devant une reconfiguration de l'espace politique. (...)
Qui peut nier en effet l'empreinte laissée par le maire dans cette ville qu'il a contribué par ses projets à redresser alors qu'elle était en coma dépassé ? Mais en même temps force est de constater que la question sociale, qui existe depuis le début de l'aventure industrielle de cette ville, n'a pas été réglée, ce qui bien sûr ne saurait être porté à son débit. En 2012, les roubaisiens sont inquiets. Ils constatent que la pauvreté ne recule pas, ils s'interrogent sur les transformations sociologiques et culturelles d'une ville où la minorité devient la majorité dans la jeunesse.
Dans ce contexte, le maire laisse une ville politiquement incertaine. Chacun constate l'abstention, beaucoup craignent l'extrême droite, la droite se met à rêver. Le parti socialiste apparaît dans une situation ambivalente. Son poids électoral n'a de correspondance ni dans ses effectifs, malgré les grands progrès faits dans la diversité, ni dans son influence sur la municipalité. En 2008, il a été écarté de la préparation du programme, et son poids a été sous-évalué dans l’équipe. Mais il faut dire aussi que le parti socialiste s’est laissé enfermer dans la division, alors même que le maire consacrait successivement plusieurs personnalités dans le rôle d'héritier. Il est temps d’en sortir.
Aussi la question qu'il faut se poser est bien celle-ci : que voulons-nous en 2014 ? Quelle vision de la ville ? Quel programme sur la base de quel diagnostic ? Ce sera aussi la question du rassemblement. S'agit-il d'un rassemblement des socialistes et des verts ou s'agit-il d'une coalition très large autour d'un pivot centriste dans le sillage d'André diligent ? La question n'est pas tant celle du rassemblement le plus large possible, mais celle du centre de gravité de ce rassemblement.
Pierre Dubois est le successeur légitime pour assurer la transition jusqu'en 2014. Au-delà de ses qualités évidentes, il garantit la stabilité. Renaud Tardy sera son premier adjoint, plus particulièrement chargé du projet.
La vraie question est 2014. En démocratie, les jeux doivent être ouverts. Celui ou celle qui conduira la liste de gauche en 2014 doit être choisi à travers un débat collectif et des « primaires » qui permettent la libre confrontation des personnalités et surtout des compétences et des programmes. Faire croire qu’un petit groupe en 2011 a déjà décidé de qui doit être maire en 2014 serait prendre le risque d’un déni de démocratie auprès des militants et des électeurs. Et qui peut prédire ce qui se passera d’ici là ?
Dès maintenant, plusieurs taches s’imposent.
Gérer une ville où on n’a pas le temps d’être un maire de transition et où les affaires courantes n’existent pas.
Recréer les conditions de l’unité des socialistes qui suppose de sortir de la politique des petites phrases. Affaiblir un socialiste et l’opposer à un autre, c’est affaiblir les socialistes !
Préparer collectivement avec les roubaisiens un programme qui ouvrira un nouveau cycle d’action publique.





