Le centenaire de Maxence Van der Meersch

Pour en savoir plus, voir un autre article publié dans http://www.citescitees.com/vandermeersch.html

Michel David
Directeur général de la Ville renouvelée
Commissaire de l’Exposition Van der Meersch
Né à Roubaix le 4 Mai 1907, année où on pose la première pierre de l’actuel Hôtel de ville, issu d’une famille brugeoise, Maxence a vécu sa jeunesse au Blanc-Seau, puis à L’Épeule où il vécut, élève de l’école de la Rue Brézin, le calvaire de l’occupation allemande de 14/18.
Après des études au Lycée Gambetta puis à l’Université de Lille, alors que tout le destinait à une carrière d’avocat, la rencontre sur les bords du canal de Roubaix d’une jeune ouvrière, Thérèze, qui devient sa compagne change sa vie. Il devient écrivain, avocat et témoin de sa ville et du monde ouvrier.

Après des études au Lycée Gambetta puis à l’Université de Lille, alors que tout le destinait à une carrière d’avocat, la rencontre sur les bords du canal de Roubaix d’une jeune ouvrière, Thérèze, qui devient sa compagne change sa vie. Il devient écrivain, avocat et témoin de sa ville et du monde ouvrier. Il eut le prix Goncourt en 1936 dans le brouhaha du front populaire avec un roman de facture romanesque, apte aux adaptations cinématographiques, "L’empreinte du Dieu", il gagna en notoriété par des textes d’engagement qui firent polémique chez les médecins et au sein de l’Église.
Devenu une référence de la littérature catholique engagée, la critique en fit un « Zola chrétien ».
Mais s’il est cher au cœur des roubaisiens, c’est d’abord parce que beaucoup se rappellent sa silhouette particulière Quai des Alliés où il habita longtemps avant de finir sa courte existence au Touquet, traqué par la maladie et le doute.
C’est aussi le seul écrivain à avoir peint le Roubaix de 14/18, dans un roman « invasion 14 » qui a le souffle de Tolstoï, les grèves de 1921, celles de 30 et 31 et ces fameuses barricades de Juin 31 au coin de la rue de Lannoy et de la rue des Longues Haies disparue, sur le site aujourd’hui de Mac Arthur dans « Quand les Sirènes se taisent ». Le seul à dire la vérité sur la colonie pénitentiaire que fut l’usine textile, sur la sociabilité rude des courées, le seul à honorer ouvriers anonymes, patrons sociaux opposés au Consortium, militants jocistes de l’entre deux guerres.
Au début des années 1980, c’est pour d’autres raisons qu’il intéressa de nouveau avec le travail engagé par la revue Nord’ – Paul Renard - et par Michel David au travers de plusieurs expositions de 1982 à 1986. Max témoignait d’un territoire et d’une population frappée par la crise, c'est-à-dire la désindustrialisation : en 1880 Motte Bossut fermait puis Motte-Porisse brûlait. L’auteur faisait justice à un monde en souffrance. Il redonnait une identité à un territoire menacé. Il redonnait une visibilité à un monde ouvrier en voie d’effacement. La mémoire était convoquée pour accompagner une mutation.
En 2007, nous célébrons le centenaire d’un écrivain mort jeune et largement oublié par les jeunes générations.
C’est autour justement des « mémoires de Van der Meersch» que nous bâtissons ces manifestations.
Dès le 14 septembre, une grande exposition lui sera consacrée jusque Janvier 2008 par la médiathèque de Roubaix grâce au soutien du Département. Cette exposition sera enrichie de pièces inédites issues du Fonds Sarah de la Ville de Wasquehal dont Roubaix va assurer la numérisation et la valorisation. Elle se prolongera sur le net avec une « exposition numérique » et dans les territoires grâce à une exposition itinérante. On pourra aussi y admirer les œuvres de Missant, de Rémi Cogghe et de Simons.
Avec cette exposition, nous rechercherons la mémoire de l’homme, si bien restituée par Thérèse Bonte, l’histoire d’une bifurcation biographique, d’une progressive conversion aussi, d’un rapport douloureux au corps. Il y a enfin ce rapport si essentiel à l’écriture pourtant laborieuse mais si énergétique, cette méthode décrite précisément dans un texte rare » de la sécheresse à l’inspiration ». Nous décrirons cette vie et les décors des romans dans des lieux encore visibles.
Nous ferons revivre aussi le monde du travail entre le siège du consortium et la rue des longues Haies. Siège du consortium Place de la fosse aux chênes, rue Nain, Monoprix de la rue Pierre Motte, place du marché aux bêtes, grand place, coopérative « la paix », ou « la prolétarienne », courées, pont de la rue des arts, gare, usines, la zone semi-sauvage du Sartel, poste frontière des reconduites, barricades, usines et cheminées, courées et estaminets.
Ce travail sera accompagné tout au long de l’année : « cabaret de l’Union « de Travail et Culture le 23 Mars où 10 écrivains contemporains présentent leurs textes sur le thème de la Grève à partir de Maxence, projets pédagogiques du Lycée et du Collège Van der Meersch, visites guidées de L’Office du Tourisme et itinéraires du Patrimoine lors des journées du Patrimoine des 15 et 16 Septembre.
Max fut l’honneur de cette ville, il devient en 2007 un patrimoine vivant dans une ville à la fierté retrouvée.

Vue d’ensemble du Lycée van der Meersch
| Année | Mois/jour | Evènement |
| 1896 | Arrivée de Benjamin, père de Maxence à Roubaix. Il laisse à Bondues sa famille, originaire de Bruges. Il sera comptable chez Bohin, rue de Naples. Le dimanche, il fréquente chez Créteur rue de l’Épeule. | |
| 1898 | Rencontre Marguerite Demarque, 20 ans, qui habite au Blanc-seau avec sa mère Philo ; elle fait les marchés. | |
| 1899 | Se mettent en ménage 76, rue Cuvier. | |
| Nov. | Naissance de Sarah. | |
| 1902 | Mort d’Euphrasie. | |
| 1903 | Julie et Georges quittent Bondues pour Croix, rue des Ogiers, près de la rue de la limite, le long de la voie ferrée. Location d’un vieux local au fort Boulanger. C’est l’entreprise Vandermeersch frères | |
| 1906 | L’entreprise a travaillé au montage des stands de l’exposition universelle de Tourcoing. | |
| 1907 | 5 Mai | Naissance de Maxence. |
| 1910 | Le père loue une maison 62, rue de l’Épeule, reprend un travail d’employé. Marguerite garde le cabaret, 19 rue de Favreuil, qu’elle rachète et rêve de l’agrandir en cinéma. Les époux se séparent et Benjamin garde Max pendant que Marguerite prend Sarah. Marguerite prendra aussi une épicerie rue de Lannoy, dans le quartier de ste Elisabeth. | |
| 1913 | Avril | Max entre à l’école rue Brézin. Au Couvent des Clarisses, Benjamin utilise un jardin pour parquer un cheval et installer une baraque. |
| 1914 | 1er Août | Guerre |
| 1918 | Marguerite, Benjamin et le gérant du café, Vermeulen, s’associent pour créer un négoce de matériaux dont le siège social est au cabaret. A l’arrière, dans les démolitions de la rue Bully-Grenay, on installe les entrepôts. |

La symbolique de l’effort dans le parc du lycée.
| 19 | Octobre | Entrée au Petit Lycée de Roubaix. Il est élevé dans l’idée d’une destinée supérieure, politique. |
| 1920 | Lycée de Tourcoing | |
| Juillet | Sa marraine, Pauline Degallaix, devenue mme Maurice Hilst, emmène son filleul à Bruges. | |
| Août | La firme Vermeulen a prospéré. Grue, quai de déchargement et entrepôts neufs 6 rue de Favreuil avec dans la cour, un pavillon d’habitation pour le directeur et son fils. | |
| 1927 | 16 juin | Max se promène avec Wolf, son chien : quai des canotiers, de l’autre côté du pont du Blanc-seau, au-delà de la maison du pontonnier, le canal s’enfonce en contrebas d’un talus herbeux. |
| Octobre | Max trouve une maison 246 rue Lamartine à Wasquehal | |
| 1928 | Il s’installe rue Lamartine, espère gagner sa vie avec l’écriture. Pour le 10° anniversaire de l’armistice, il espère sortir « l’or dans la fournaise » ou « le brassard rouge. | |
| 1929 | 10 février | Naissance de Sarah dans la maison d’une sage femme de la rue de l’Ouest. |
| 1930 | Grève des assurances sociales. | |
| Thérèze et Sarah vont se soigner au Mont-noir (hôtel du Mont-noir). | ||
| 1931 | 18 Mai grève générale. Max est là, Place de la gare, lors d’une charge de gardes mobiles ; il visite les courées de l’Épeule et assiste Fort Sioen à une reconduite de la rue des arts au fort d’un « fidèle ». | |
| Il décrit les lieux, plan cadastral en mains et visite après coup les Longues Haies. Il décide de faire de la Cour Boyaval la cour des Malcontents, dans « Quand les Sirènes se taisent » sorti en 1933. | ||
| 1932 | Juillet | Vacances à Blankenberghe. Le couple part vers la Hollande à Veere, à l’Hôtel de Windhuis ("maison dans le vent" !). Ils visitent aussi Bruges. |
| Publication de "La maison dans la dune". Ce roman fut porté à l’écran, en 1934, par Pierre Billon. On notera que les époux van der Meersch ont donné ce nom à leur maison conjugale. | ||
| 1934 | 5 février | Mariage civil de Max en présence des parents puis mariage religieux dans la maison de Firmin Dubar, 63 rue du Curoir, maison agrandie avec l’achat du 61 ; ce qui avait permis de faire une chapelle en oratoire privé. |
| 1935 | « Invasion 14 » puis « Maria Fille de Flandres ». | |
| 1936 | Le couple s’installe 7 Quai des Alliés. | |
| 9 déc. | Obtient le Goncourt face à Aragon pour « les beaux quartiers » | |
| 1937 | Un jeune dominicain de la région, le père Desobry, lui recommande le père Joseph Robert, dominicain qui tente un expérience de prêtre ouvrier et recherche un logement aux Longues-haies. Il vient avec Robert Gautier et rencontre Albert Varreust. Ils sont les héros de « Pêcheurs d’Hommes », publié en 1940. | |
| 1939 | La guerre. Max est exempté. | |
| 1942 | Noël | Il soutient les femmes de prisonniers, écrit une saynète, « la lettre du prisonnier » pour l’arbre de Noël. Elle sera publiée dans le bulletin « la famille des prisonniers ». |
| 1943 | Mars | Henri, petit cousin de Bondues s’évade d’un camp de prisonniers de Haute-Silésie. Agent de renseignement, il multiplie les points d’escale dont le Quai des Alliés. |
| Avril | Sortie des 2 tomes de « Corps et Âmes ». | |
| 1944 | 28 juillet | Le WO Sylvestre Farmer fait sauter des péniches et écluses. Max est cité comme un des participants. |
| 1er août | Nord Libre : « L’homme traqué » | |
| 3 sept. | Libération de Roubaix. | |
5 sept. | Nord Libre : « Ceux de la résistance » | |
| 1945 | Janvier | Le groupe O.C.M délègue V.D.M au Comité de Libération. Aux réunions du Comité, on le presse de faire de la politique. |
| 1947 | 10 juin | Le couple quitte pour toujours le Quai des Alliés et son prunier. Max est à la « villa ma mie » à Cucq-trépied. |
| 1948 | On trouve une grande villa anglo-normande à 3 Km du Touquet. C’est « la maison dans la dune, 19 rue du Golf ». | |
| 1951 | 14 janvier | Décès. Inhumation à Mouvaux. |
Thérèse Bonte |
Christian Morzewski | ||||||
Pour promouvoir Roubaix "Ville du mois " il a fallu s’acheminer vers une symbiose logistique avec les acteurs de la vie culturelle roubaisienne, d’une part, et, d’autre part, s’appuyer sur les "Amis de Maxence van der Mersch" et sur le Lycée van der Meersch.
Nous remercions donc Michel David, de la mairie, qui a pris part à l’envoi de documents, NordM@g pour la qualité de ses informations, Anne Grell, proviseur du Lycée, Christian Morzewski et Térèze Bonte, la nièce de van der Meersch, pour l’effort qu’ils soutiennent pour la pérennité du romancier, Michel David, le commissaire de l’Exposition M.V.D.M, l’encyclopédie Wikipédia & Wikimedia-Commons [Nicolas von Kospoth, Yann Bonguardo], I.F.G les gares [Jean-Paul Foitet], Le livre de poche, pour leurs images... sans oublier leurs collaborateurs qui, dans la discrétion de l’ombre, nous ont permis de tourner le projecteur vers la Flandre.
Pierre Bisiou et Pierre Fabre








