Hervé Waguet, roubaisien et plasticien.
La récente exposition qu'il a réalisée à l'Espace d'Havré à Tourcoing montre l'étendue de son travail. Modeste, il l'affiche dans le choix des matériaux: peinture sur photocopie, carton, bois, recyclage, récupération.
Ce parti-pris qui témoigne de la précarité du travail artistique- marges, bricolage, débrouille, dèche- met en lumière la noblesse des signes patiemment produits.
Autoportrait et vanité. Le visage, le sien, obsède Hervé. Nulle égocentrie là. D'ailleurs, les "vanités", images de crânes qui portent à la méditation sur la mort qui se tient derrière le vif, motif récurrent de la représentation, le rappelent. Ce visage, qui m'oblige selon Levinas, qui témoigne de l'irréductablité du" je", autre moi-même, si autre , et pourtant le même, est d'abord géométrie: ronds, ovales, comme le montrent ces vues, autant de points de vue, de haut, de face, pour souligner, qu'ici, au-delà des égos (égaux?) tout est géométrie.
Le propos d'Hervé, c'est aussi l'Autre. Ainsi, cet Averroes, dont le nom se présente à l'envers ( rappeler que l'image est un miroir, déformant, inversant) et qui malicieusement fume la pipe ( Sherlock Holmes oriental menant son enquête sur Aristote, les grecs, la foi et la raison!!!) ressemble fort à Hervé. L'autre c'est toujours moi quelque part. La série des "undiens" met en pièces justement la représentation de l'autre, exotisée, folklorisée. Nous avons tous nos UNdiens, Undigènes de république malade. Mais l'Undien est UN, c'est à dire unique (et nul sujet n'est réductible à un nom de tribu) et commun ( l'UN, c'est l'humanité).
Ayant laissé la superficialité de la peinture décorative et l'illusion des matériaux nobles à la porte de son atelier, Hervé gravit la voie étroite, le chemin de pierres escarpé, de sa quête: "connais-toi toi même et tu connaîtras tout 'l'univers"
Pour aller plus loin, regardez sur ce site la galerie d'images qui lui est consacrée.
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